Villes et Urbanisme

Génération livraison

UrbanEye réagit à la multiplication des Dark stores et questionne le rapport entre internet et la ville, et donc, nos comportements. Alors qu’internet transforme le monde et nos vies depuis son apparition, dans une direction inconnue, il est important de philosopher un peu, de mettre un peu les choses en perspective et de se questionner, soi-même et pas que « les autres » ou « le système », toujours.

Article de France inter : « Pourquoi la multiplication des « dark stores » au cœur des grandes villes inquiète les municipalités »
https://www.franceinter.fr/economie/pourquoi-la-multiplication-des-dark-stores-au-coeur-des-grandes-villes-inquiete-les-municipalites

Et si, pour limiter le phénomène, … on essayait de limiter son addiction à la commande sur internet ? Tout acheter sans jamais sortir de chez soi, est-ce cela l’avenir ? Jeter des tonnes d’emballages supplémentaires, cartons papier bulle sans fin, et repas dans toujours plus de boites plastiques peu recyclables … et surtout alimenter la construction d’entrepôts (géants d’amazon, petits et urbains de ces dark stores) et la précarité du travail d’UberEats et cie. ? Mais aussi, alimenter des déplacements, essence ou électrique, moins efficaces (Energie/kg de charge) par rapport à faire ses courses soit même en 1fois, en rentrant du travail par ex, que faire déplacer en plus quelqu’un d’autre qui zigzaguera en ville entre les clients et la boutique. Se faire livrer une pizza par des jeunes en scooters, ca va car c’est un plaisir occasionnel. Mais quand l’économie du numérique/canapé devient omniprésente dans le quotidien, tout s’en trouve changé. Consommation d’emballages et d’énergie accrue, nuisances urbaines accrues, précarité du travail accrue (selon les cas..), moins de boutiques, de marche à pied, plus de canapé et de graisses accumulées…

On nous a asséné, (et toujours today), que l’avenir c’est le numérique, dans chaque discours politique, encore et toujours « le numérique », qui comme l’écologie est sensé nous sauver du « monde d’avant » … Mais, comme d’habitude, on ne mesure par vraiment l’impact des nouveautés et on prédit encore moins l’avenir. Alors, peut-être, face à ces phénomènes, tous liés au numérique , devrait-on un peu mesurer notre enthousiasme et ce prosélytisme aveugle (comme tous les prosélytismes) et un peu moins chanter ces mantras répétitifs vagues sur le bonheur qui viendra du numérique à tout-va, à toutes les sauces, à tous âges (et là on voit que c’est l’inverse, on va vers la cata pour les enfants..). Et pour la ville, peut-être un peu moins scander les miracles vagues et imprécis de la SmartCity qui résoudrait tous les soucis. A part les feux rouge, et les applications de calcul d’itinéraire (Google et GPS principalement, déjà existant depuis un moment), … on voit pour l’instant surtout l’impact négatif du numérique sur l’aménagement du territoire comme on vient de le décrire. Plus d’entrepôts, de déchets, de pollution et moins d’humanité en ville. Certes il n’y a pas que du négatif, mais ces aspects sont concrets et se développent, alors que les objectifs socio-écologiques sont plutôt dans la direction opposée: On milite pour un avenir urbain plus humain et moins énergivore, mois dispendieux de ressources et d’espace.

Je me suis toujours méfié des discours fanatisants ou surenthousiastes, face à une nouveauté. Le numérique, comme le pétrole, la voiture, le plastique, l’amiante ou autres exemples, n’y échappe pas. L’Histoire nous a depuis longtemps appris à rester prudents ! … Et il est fort à parier que la majorité d’entre nous Sait cela, par un instinct commun assez normal. Mais quand il s’agit de confronter ses principes ou ses belles paroles à une réalité, là, la bien souvent il y a moins de monde … Nombre d’exemples en attestent.
Alors, puisque le numérique est toujours en développement -ce n’est peut-être que le début- puisque que la société évolue en permanence, il faudrait peut-être parler des choses avec plus de circonspection, et être plus précis surtout. Parler avec intérêt de choses positives lorsque elles sont concrètes. Que va faire la « Smart City » concrètement pour la ville, là, ou demain, précisément ? Et de même pour les aspects négatifs, qu’il convient de ne pas nier et de regarder en face. Se dire qu’ un monde d’applications smartphones et de livraisons toujours plus omniprésentes dans nos vies, n’est peut-être pas si désirable que cela.
Sans être réactionnaire, il y a peut-être des choses qui gagneraient à pas trop se transformer. L’idée du progressisme, ce n’est pas de Tout transformer pour le plaisir de transformer. Mais d’améliorer, or l’humanité comporte une part d’intangibilité. Et le progrès, cela consiste en réalité, à conserver ce qui est bien tout en changeant ce qui peut être amélioré. Comme, économiser l’énergie (1 trajet en voiture pour les courses, plutôt que 10 trajets en scooter et camionnettes au 3/4 vides zigzagant en ville …), ou le plaisir de marcher dehors, de faire son marché avec d’autres êtres humains, de flâner dans la rue en allant à une boutique, de faire acte de présence en ville pour lui donner un caractère plus vivant, humain, et aussi, augmenter la durée de vie de son canapé, et de soi-même par la même occasion.

Le numérique n’est pas vraiment virtuel, mais bien concret. Le temps de smartphone par exemple est pris sur un autre temps. Et si on peut faire plus de choses, mais chez soi, lorsque on se fait livrer, on perd une part d’humanité : être dehors.

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